Histoire de la mode écolo

20 Avr

Le mouvement écologique dans l’industrie de la mode et du vêtement est assez récent. Il s’inscrit en parallèle d’une conscience écologique planétaire, d’abord concentrée autour du transport, de l’alimentation et de leurs impacts sur l’environnement.

Dans les années 70 et 80, l’environnement et l’impact de l’humain sur la planète Terre deviennent des préoccupations dominantes de la société. Le réchauffement climatique, la pollution de l’air, la contamination de l’eau et du sol, la déforestation et l’accumulation des déchets deviennent des sujets de discussion importants. La population prend conscience que la planète s’est profondément détériorée au siècle précédent.

En parallèle à cette récente conscientisation environnementale, les créateurs de mode retournent à l’utilisation de fibres naturelles, qui sont plus écologiques que les fibres synthétiques (popularisées dans les années 60).

Au début des années 90, la mode s’intéresse aux vêtements d’occasion refaçonnés, transformés et même recyclés.

Les créateurs verts

Les premiers créateurs écologiques font leur apparition au début des années 90. Ce sont les pionniers du mouvement. À l’époque, la culture matérialiste et la consommation à outrance, encouragées par le système de la mode, sont remises en question.

Le créateur belge Martin Margiela, qui fait ses débuts en 1989, compte parmi ceux qui conteste le système de la mode. Il recycle les vêtements qu’il conçoit d’année en année et les présente dans ses défilés. À chaque collection, il dévoile donc les mêmes vêtements, mais refaçonnés. C’est une façon pour lui de protester contre le système de la mode qui produit constamment du neuf pour se débarrasser de l’ancien.

Il récupère aussi des matières. Un des morceaux iconique de Martin Margiela est d’ailleurs une veste-manteau créée à partir de gants recyclés.

La grande pionnière de l’écolo au Québec est Mariouche Gagné avec sa griffe Harricana, mise sur pied en 1993. Elle se spécialise initialement dans la récupération d’anciennes fourrures, transformées en vêtements mode ou en accessoires. Plus tard, elle se lancera aussi dans la récupération des carrées de soie, du cachemire et des robes de mariées.

Myco Anna, une ligne de vêtements écolo que lance Christianne Garant en 1995, s’illustre aussi parmi les pionniers du mouvement. Elle opte pour un style un peu plus patchwork, souvent associé à la mode écolo.

En 2000, c’est l’arrivée à Montréal d’une première boutique se donnant pour mandat de rassembler sous son toit les créateurs écolos. La boutique La Gaillarde ouvre ses portes dans le quartier St-Henri.

Dans la dernière décennie, les créateurs et les boutiques écolo se sont multipliés. Mais il faudra attendre jusqu’en 2006-2007 pour qu’un boom médiatique dirige l’attention de monsieur et madame tout le monde vers la mode écolo.

Le coton biologique

En 2011, c’est le coton bio qui retient l’attention. Il s’intègre tranquillement, mais sûrement aux vêtements. L’entreprise québécoise Oöm, par exemple, conçoit ses vêtements à partir de coton biologique, et ce, depuis 2005.

H&M a également commercialisé la semaine dernière sa collection Conscious, faite de coton biologique et de matières recyclées.

Plusieurs chaînes de vêtements se convertissent à la mode écolo pour satisfaire une clientèle de plus en en plus exigeante. À surveiller dans les prochaines années !

Pour écouter notre émission spéciale sur la mode écolo, cliquez ici. Une version plus complète de cette chronique historique y est disponible !

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2 Réponses to “Histoire de la mode écolo”

  1. Le défi de Julie 22/04/2011 à 11:19 #

    Merci pour cet article très intéressant et très inspirant! Bien hâte de voir ce que la mode «écolo» nous réserve pour les prochaines années!

  2. chantal gagnon 22/04/2011 à 4:50 #

    J’ai lu votre article sur la mode écolo avec beaucoup d’intérêt…Designer québécoise, directrice d’une agence de style, (et écologiste aussi)j’ai été active pendant 25 ans dans le milieu canadien de la mode. Peut-être ne le savez vous pas mais j’ai organisé en 1993 à Montréal, au Palais Des Congrès, le premier Symposium nord-américain sur l’écologie et la mode. Nous avions des invités américains ESPRIT (conscience de marque), IN WEAR (culture écologique du coton) et Promostyl Paris. Mon agence, affiliée à l’époque à Promostyl, avons agi comme pionnier dans le domaine des tendances écologiques et ses applications industrielles, nous avons fait la promotion d’un service ECOSTYL pour sensibiliser l’Industrie Canadienne et stimuler la créativité. A titre personnel, je travaillais, déjà en 1984, comme créatrice de la ligne Caboche avec des matières de recyclage. Nous avions en boutique des bijoux créés à partir de trouvailles faites sur les trottoirs, dans la rue, je travaillais des patch work aussi, dont un mateau fait avec des retailles de peaux de serpents récupérées à la poche dans une usine de New York!!! Il me fera plaisir de vous fournir des archives si vous le désirez…. pour enrichir l’histoire…. pour l’instant j’avoue qu’elles sont dans mes placards !!! au lieu de servir voici donc l’occasion de les recycler!….Chantal Gagnon

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