La création de bijoux

12 Oct

Bijoutier, joaillier ou orfèvre : les appellations pour designer celui qui confectionne les bijoux sont nombreuses. Les définitions sont sensiblement les mêmes, à quelques petits détails près.

Julie Tougas, finissante École de joaillerie de Montréal

Cliquez ici pour accéder à la version audio (à partir de 15 minutes 15 secondes).

L’orfèvre est celui qui travaille les métaux, comme l’or et l’argent. Le joaillier, lui, sculpte les joyaux et les pierres précieuses, comme les diamants. Est-ce que le joaillier et l’orfèvre sont des bijoutiers? Pas tout à fait! « Le bijoutier est davantage celui qui vend et qui connaît un peu le métier, explique Isabelle Métivier, de l’École de joaillerie de Montréal. Souvent, il n’est pas joaillier, c’est-à-dire qu’il ne fabrique pas de bijoux. Le joaillier, lui, fait la confection. »

Le bijoutier est souvent perçu comme celui qui tient une bijouterie, sans nécessairement confectionner ce qu’il vend. Aujourd’hui, l’artisan, ou celui qui fabrique des bijoux à partir de matériaux non précieux, pourrait également être considéré comme un bijoutier. Quant au joaillier et à l’orfèvre, ils peuvent également vendre le fruit de leur travail !

Laurie Dansereau, finissante École de joaillerie de Montréal

Apprendre à l’école

L’École de joaillerie de Montréal est une des écoles qui enseigne la création de bijoux. La formation théorique est offerte au cégep du Vieux Montréal. Quant aux cours pratiques, eux, ils sont dispensés dans les locaux de l’École de joaillerie. « Ce qu’ils apprennent, c’est la technique, donc la confection du bijoux et tout ce qui est relié au métier de joaillier, ajoute Isabelle Métivier. Ils ont également des cours sur la créativité, le marketing et la comptabilité, pour être travailleurs autonomes. »

Environ une trentaine d’étudiants s’inscrivent chaque année à l’École de joaillerie de Montréal. Ils sont beaucoup moins lors de l’obtention du diplôme, puisqu’environ 12 à 15 étudiants graduent chaque année.

« Ce n’est pas un marché facile, confirme Isabelle Métivier. La plupart d’entre eux travaillent quelques jours semaines dans un autre domaine et font aussi des bijoux. C’est difficile, en sortant de l’école, de trouver un emploi qui fait que tu peux en vivre. » Certains professionnels vont également travailler pour d’autres joailliers. « Un travail technique au banc, ajoute-t-elle. Mais encore là, ce n’est pas la majorité. »

Outre la formation collégiale, l’école donne également quelques cours privés pour s’initier à la confection de bijoux.

Geneviève Juillet, finissante École de Joaillerie de Montréal

L’engouement pour la création de bijoux

Depuis environ cinq ans, le nombre de créateurs de bijoux artisanaux a explosé. Plusieurs petits créateurs de bijoux le font d’abord pour le plaisir, mais vendent également à gauche et à droite. Vous en connaissez certainement un ou deux, sinon plus!

Puisque plusieurs d’entre eux le font seulement par loisir, ils ne veulent pas nécessairement y consacrer leur formation. C’est pourquoi le nombre d’inscriptions à l’École de joaillerie de Montréal est demeuré plutôt stable à travers les années.

Évidemment, ces créateurs artisanaux n’obtiennent pas tous du succès, mais certains oui.

Cliquez ici pour retrouver notre entrevue avec Noémie Vaillancourt, de la griffe Noemiah Bijoux, qui crée des bijoux faits à base de plumes et multiplie les collaborations avec les designers de Montréal

Des créateurs autodidactes

Les créateurs artisanaux ont une passion qui leur permet de développer un talent. C’est le cas de Sylvie Thériault, designer de Bizzbilles, d’abord enseignante à temps plein. Elle crée des bijoux à partir d’objets inusités, de vieilles billes, des boutons et même des goupilles.

Cliquez ici pour écouter Sylvie Thériault parler du processus créatif de Bizzbilles

Son passe-temps est devenu une passion, qui lui a permis de forger son expérience avec le temps. « À la longue, je me suis trouvée une méthode, une technique pour fabriquer les bijoux, dit-elle. C’est au fil du temps, par essais-erreurs, que ça a donné ce que c’est maintenant. »

Sylvie Thériault a commencé à faire des bijoux pour sa fille, puisqu’elle cherchait des bijoux plus originaux pour se distinguer. De fil en aiguille, ses bijoux se sont répandus chez les amis, la famille, jusque dans les médias. Elle en vend maintenant un peu partout au Québec, de Matane, d’où elle est originaire, jusqu’à Montréal.

Sylvie Thériault a été surprise par son succès. Cliquez ici pour l’entendre

Une industrie en transformation

L’industrie du bijou s’est transformée. D’après Sylvie Thériault, ce que recherchent les gens maintenant, c’est l’originalité. « Je pense que les gens recherchent le coté unique du bijou, dit-elle. Ils ne veulent pas se retrouver avec les bijoux commercialisés, qui sont produits en série. Les gens ont le goût aussi de recycler leurs propres bijoux. »

Le recyclage est une donnée importante dans l’émergence de cette nouvelle branche de la bijouterie. La plupart des créateurs de bijoux artisanaux créent à partir de matière recyclées.

Le duo Wazem, formé de Kim Fortier et Marie-Josée Girouard, crée d’ailleurs à partir de matières recyclées. « On a commencé à travailler avec plein d’affaires, mentionne Kim Fortier. À un moment donné, on s’est dit qu’il fallait que les gens, quand ils voient Wazem, sachent ce que c’est, qu’on se démarque, qu’une image se dégage. »

Cliquez ici pour écouter Kim Fortier parler du processus créatif de Wazem

Au départ, elles créaient avec à peu près tout : des boutons, des tissus, du feutre, de la laine. Jusqu’à ce qu’elles comprennent que, pour être rentable, leur entreprise devait être basée sur des éléments distinctifs.

La bijouterie traditionnelle est-elle délaissée?

La bijouterie traditionnelle n’est pas délaissée pour autant. Il y a de la place pour les deux clientèles, mais d’après Kim Fortier, c’est davantage parce que la vague écolo-recyclée s’est imposée dans la dernière décennie. « Je ne sais pas si les gens délaissent la bijouterie traditionnelle, mais ils ont vraiment une attirance pour le recyclé, dit-elle. Il y a une grosse recherche qui est faite. Je pense que, de plus en plus, les gens le voient c’est ce qu’ils recherchent. »

Le bijou artisanal et recyclé, qui était auparavant l’attirail de celui ou celle qui n’avait pas les moyens d’acheter des bijoux ornés de pierres précieuses, s’est anobli et a gagné en popularité. Les gens le recherchent pour son caractère unique et original.

Le bijou traditionnel demeure cependant populaire puisque personne n’est indifférent à l’éclat du diamant.

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Une Réponse to “La création de bijoux”

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  1. La Co.Mode Verte « La Passerelle - 02/11/2011

    […] griffes sont vendues à la Co.Mode Verte, dont Atelier entre-peaux, RespecTerre ou Bizzbilles. OOM, comme représentant des vêtements bios, s’y trouve […]

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