Le cycle de production

25 Nov

Avant que les vêtements se retrouvent dans votre garde-robe, ils ont été pensés, dessinés, découpés, assemblés et transportés jusqu’aux magasins où vous les avez achetés. C’est ce qu’on appelle le cycle de production dans l’industrie de la mode.

Cliquez ici pour accéder à la version audio de la chronique (à partir de 16 minutes 15 secondes).

Évidemment, toutes ces étapes ne sont pas effectuées par la même personne. Elles incluent toute une équipe de production, de sous-traitants et plusieurs distributeurs. Le cycle de production réfère également au temps avec lequel les étapes sont effectuées. « C’est la rapidité avec laquelle on arrive à mettre en marché un produit mode et à le rendre disponible aux consommateurs », confirme la professeure à l’École supérieure de mode de Montréal, Michèle Beaudoin.

Pour entendre la définition complète donnée par Michèle Beaudoin, cliquez ici

La durée habituelle d’un cycle

Il n’y a pas de durée habituelle qui caractérise le cycle de production. Les grands créateurs ont l’habitude de créer deux collections par année, printemps-été et automne-hiver, ce qui donne habituellement deux cycles de production d’environ six mois. Cependant, c’est de moins en moins le cas dans l’industrie de la mode. Le cycle de production varie maintenant en fonction de plusieurs critères, notamment la philosophie de l’entreprise.

Les consommateurs sont aussi au coeur des stratégies de production des entreprises. Les clients sont de plus en plus nombreux à se rendre en magasins fréquemment à la recherche de nouveautés. Les designers et les magasins l’ont constaté et adoptent des stratégies pour produire et vendre plus rapidement. « Certaines entreprises choisissent de produire une partie de leurs produits à proximité, localement, et l’autre portion à l’étranger, ajoute Michèle Beaudoin. Ça pourrait être le cas d’une entreprise qui choisit de produire des modèle vraiment fashion localement et les pièces plus basics dans des pays plus éloignés, à faible coût de main d’œuvre. »

Les entreprises les plus rapides réussissent habituellement à proposer des nouveautés à leurs clients à toutes les trois semaines. Évidemment, ce sont les mega-entreprises qui ont réussi à développer ce qu’on appelle un canal de distribution efficace. « Ils ont plusieurs fournisseurs de matières premières ou de main d’œuvre pour la fabrication ainsi qu’une diversité de lieux de production, explique Michèle Beadoin. À l’interne, ils auront une super équipe de design et de sourcing. Tous les produits sont également vendus dans leurs propres magasins, distribués via des hypercentres de distribution sophistiqués. »

Un exemple ?

L’entreprise espagnole Zara est l’une de celles qui a un rythme de production effréné. C’est ce qu’on appelle un major, en raison de son énorme pouvoir d’achat et de distribution.

Les chiffres de Zara sont d’ailleurs très impressionnants. 300 designers y travaillent et le détaillant compte près de 1 800 boutiques à travers le monde.

Chaque jour, les employés des magasins communiquent avec les designers pour leur dire ce qui se vend et ce qui ne se vend pas. De cette façon, les designers peuvent interrompre la production et créer à partir de ce que les consommateurs apprécient.

Zara a ainsi développé un cycle de production de deux semaines, du croquis à la mise en marché en Europe. Trois semaines seront toutefois nécessaires pour les boutiques internationales, comme ici au Canada. Généralement, chaque boutique Zara est approvisionnée tous les trois jours.

Les avantages

Un cycle de production aussi intensif a des avantages, surtout pour le consommateur. « Ça lui permet d’accéder à des nouveautés et de bénéficier d’une variété continue sur le marché, dit Michèle Beaudoin. C’est ce qui fait la force, l’intérêt et la renommée de ces distributeurs. »

Les détaillants bénéficient aussi d’avantages en lien avec un cycle de production rapide. Ils peuvent offrir de meilleurs prix parce qu’avec un cycle de production continu, ils s’ajustent aux goûts des consommateurs. Il y a donc très peu de pertes. La production en grande quantité permet elle aussi d’offrir des prix compétitifs.

Les inconvénients

Les détaillants au cycle de production continu subissent rarement les inconvénients de leur rythme. C’est plutôt les autres entreprises qui en subissent les contre-coups, puisque les plus petites n’arrivent pas à suivre le rythme effréné de ces grands de l’industrie.

Un autre problème est aussi observé par les designers. Comme ces derniers produisent deux collections par année – qu’ils présentent quelques mois avant leur mise en marché – il y a un fort risque de plagiat ou de forte inspiration.

Pour Michèle Beaudoin, il s’agit d’une bataille perdue. Cliquez ici pour l’entendre

C’est-à-dire que les couturiers présentent en défilé quels seront les morceaux, les couleurs et les tendances de la saison prochaine, alors que les entreprises à cycles de production très rapides arrivent à commercialiser des produits inspirés de ces tendances dans les deux ou trois semaines qui suivent les défilés, et donc deux ou trois mois avant que les couturiers les mettent sur le marché.

Michèle Beaudoin propose tout de même une solution possible pour les designers d’ici. Écoutez en cliquant ici

Les entreprises au cycle de production très rapide ont compris la réalité d’aujourd’hui. Le consommateur veut des produits très tendances à des prix raisonnables, quitte à négliger la qualité.

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