Le cauchemar des tailles

2 Déc

Magasiner peut parfois devenir un cauchemar, surtout lorsqu’il est temps d’essayer ce qu’on a déniché. Choisir la bonne taille d’un vêtement qui tombe bien n’est pas toujours évident, mais pourquoi ?

Lorsqu’un homme ou une femme magasine, la question de Quelle taille vais-je choisir? revient constamment. D’une boutique à l’autre, ou encore d’un modèle de vêtement à l’autre, c’est très rarement la même taille qui nous fait. La preuve se retrouve dans notre garde-robe, où la taille d’un pantalon pour homme peut varier entre 28 et 32, alors qu’une robe pour une femme peut passer d’un 6 à un 10.

Cliquez ici pour entendre un extrait du film Devil wears Prada qui résume assez bien la situation.

Comment les tailles sont-elles contrôlées ?

Il n’existe aucun bureau qui contrôle la standardisation des tailles, c’est-à-dire qui s’assure que Petit, Moyen, Grand ou encore 1 à 14, par exemple, correspondent à des mesures fixes dans tous les vêtements.

Le professeur Serge Carrier, de l’École supérieure de mode de Montréal, a fait de la normalisation des tailles l’un de ses sujets d’études. « La taille 8 est supposée avoir telle mesure à la taille, aux hanches et à la poitrine, dit-il. Mais comme ce n’est pas une obligation de respecter ces règles, ni même d’étiqueter le vêtement avec le chiffre 8, 6 ou 5, les commerçants font à peu près n’importe quoi. »

Ainsi, une entreprise peut très bien décider des mensurations qui correspondront à un 4, alors que dans une autre boutique, les mêmes mensurations pourront très bien se retrouver plutôt dans un 6. « Ce qui fait qu’on retrouve en magasins des vêtements indiqués taille 8, qui ont vraiment les mesures officielles de ce que devrait être une taille 4 », explique Serge Carrier.

Écoutez Serge Carrier dire pourquoi ça devient l’enfer pour une femme, en cliquant ici.

Y-a-t-il des mesures officielles ?

La normalisation des tailles remonte au développement du prêt-à-porter, pendant la deuxième guerre mondiale. Depuis, des tailles se sont ajoutées et certaines ont également été modifiées.

Une simple petite recherche sur Internet permet de se rendre compte que d’une grille à l’autre, les tailles peuvent également changer.

Les tailles varient également en fonction de l’endroit où sont produits les vêtements. Par exemple, les tailles en Europe varient entre 30 et 50, alors qu’au Canada, elles varient entre 0 et 20, en plus des plus traditionnels Petit, Moyen, Grand, Très grand, etc… À la différence des tailles s’ajoutent aussi la différence des mensurations, parce qu’un Petit aux Etats-Unis, et ce qui équivaut à un Petit en Europe, ne sont pas semblables.

Certaines entreprises ajustent aussi volontairement leurs tailles, pour faire plaisir à la femme. « C’est un truc marketing qu’on appelle le vanity sizing, affirme Serge Carrier. Toute femme aime bien mieux s’habiller dans une taille plus petite, alors, intentionnellement, des mesures plus grandes seront étiquetées pour une taille plus petite. Ça devient pour bien des femmes une expérience frustrante, parce qu’elles ne trouvent jamais ce qu’elle veulent. »

Les morphologies

Les morphologies différentes des femmes complexifient également le choix de la bonne taille. La taille 8, par exemple, lorsqu’elle s’accorde aux dimensions officielles, correspond à une morphologie officielle, qui est loin d’être celle que toutes les femmes ont. « Ces tailles-là sont généralement conçues pour des femmes qui ont une morphologie fait en X », confirme Serge Carrier.

Cliquez ici pour entendre Serge Carrier décrire le modèle à la Marylin Monroe sur lequel est basée la définition des tailles.

A, V, H, O et 8, sont aussi différents sortes de silhouettes. Pourtant, les tailles sont très souvent pensées en fonction d’une silhouette, qui n’est pas la plus commune.

Y-a-t-il une solution ?

Le problème se constatera toujours en boutique, puisqu’un bureau international de normalisation des tailles, qui contrôlerait les tailles, ne sera probablement jamais instauré.

Le problème s’amplifiera également, puisque le magasinage en ligne prend de plus en plus d’ampleur. Choisir la bonne taille devient encore plus complexe sur Internet.

La seule solution serait un retour au sur mesure, comme les vêtements étaient créés avant l’arrivée du prêt-à-porter. Évidemment, ce ne sont pas tous les designers qui l’offrent et ce n’est pas tout le monde n’ont plus qui a les moyens de payer les coûts du sur mesure.

Chez les hommes

Le problème des tailles est aussi présent chez les hommes, mais il n’est pas aussi majeur. Comme pour les femmes, les tailles varient d’un magasin à l’autre et d’un modèle à l’autre. Les appellations varient elle aussi d’un pays à l’autre. Toutefois, l’homme recherche habituellement des vêtements moins ajustés. Il est donc plus simple de trouver la bonne taille.

En effet, l’homme s’habille plus souvent en deux pièces, qu’en une seule pièce comme une robe pour une femme. Il n’a donc jamais le problème de devoir retrouver trois mensures exactes dans le même vêtement.

Les éléments habituellement recherchés par l’homme sont la largeur des épaules, la circonférence du cou (pour une chemise), la circonférence de la taille et la longueur de la manche ou de la jambe de pantalon.

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