Portrait : Industrie textile au Québec

12 Jan

L’industrie du textile au Québec s’est profondément transformée depuis le début du millénaire. Pour survivre à la concurrence asiatique, les entreprises, celles qui n’ont pas été contraintes de fermer leurs portes, ont dû transformer leur production… et délaisser les tissus servant à confectionner des vêtements.

Cliquez ici pour accéder à la version audio de la chronique (à partir de 15 minutes)

« Les entreprises du Québec ont délaissé la production des textiles traditionnels, parce que l’Asie était capable de les faire à moindre coût, explique la chargée de projet au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’Industrie textile du Québec, Danielle Jutras. Elles se sont surtout concentrées à développer des niches ou des produits innovateurs. » L’avenir du textile au Québec se trouve dans les textiles techniques, intelligents ou à valeur ajoutée.

Passer des tissus pour vêtements aux textiles techniques ne s’est pas fait en criant ciseau. « Ça demande plus d’investissements en recherche et développement », confirme Danielle Jutras. Il s’agit par ailleurs d’un marché hyper compétitif, où plusieurs pays investissent depuis longtemps déjà, mais le Québec réussit tout de même à tirer son épingle du jeu. « Les entreprises d’ici misent sur la qualité et la polyvalence de leurs employés, la rapidité de la production et l’innovation », ajoute-t-elle.

Évidemment, ces textiles ne se retrouvent pas dans les vêtements de tous les jours, mais bien tout autour de nous, comme en médecine, dans les industries, le sport, le transport ou encore l’emballage.

Cliquez ici pour entendre Danielle Jutas énumérer des exemples de textiles techniques

Par exemple, ce qui semble être des toiles faites de plastiques sont tout de même constituées de fibres. Parfois naturelles, combinées à des fibres synthétiques, mais d’autres fois uniquement de fibres chimiques, qu’il faut tout de même créer.

La décennie où tout a changé

En 2005, les quotas sur les textiles ont été progressivement levés. Les manufacturiers Nord-Américains n’avaient plus, par exemple, l’obligation d’acheter 50% de leurs textiles en Amérique du Nord. Évidemment, la majorité d’entre eux s’est tournée vers l’Asie, où les textiles sont bien moins chers.

En Asie, la main d’œuvre est abondante et le niveau des salaires est très bas. Il est donc possible de produire en masse à moindre coût, ce qui n’est pas le cas au Québec.

L’Accès de plusieurs pays en développement à l’Organisation mondiale du commerce dans les dernières années a aussi son rôle à jouer. Un des accords sur lesquels doivent s’entendre les membres de l’OMC lors de l’adhésion concerne les quotas et les tarifs d’importation.

Le gouvernement du Québec prévoie que l’industrie du textile sera encore en déclin dans les prochaines années.

Cliquez ici pour entendre Danielle Jutras expliquer ce qui entraîne le déclin de l’industrie textile

Le portrait actuel

38% des entreprises de l’industrie canadienne du textile se situent au Québec. C’est la province où on retrouve la plus grande production textile. Environ 12 000 personnes y travaillent, mais c’est la moitié moins qu’il y a dix ans.

Les chiffres baissent constamment. S’il y a eu beaucoup de pertes d’emplois, c’est parce que, auparavant, le Québec se spécialisait dans la confection de textiles pour les vêtements. La force du Québec était dans les grands volumes de tissus bon marché.

Aujourd’hui, les grandes entreprises de production de masse ont presque toutes fermées, pour laisser place à de petites entreprises de moins de 500 employés… et parfois même moins de 50 employés.

L’industrie de la production de vêtements au Québec, comme au Canada et aux États-Unis, est en baisse au profit de l’Asie. Moins de textiles sont également achetés au Québec, alors qu’il s’agissait d’un des approvisionneurs majeurs il y une dizaine d’années.

À gauche : L'importation de textiles diminue, alors que l'importation de vêtements augmente. À droite : L'exportation de vêtements augmente, alors que l'exportation de textiles diminue.

L’avenir des textiles québécois pour le vêtement

Au Bas-Saint-Laurent, un centre local de développement cherche à implanter un réseau de production et de transformation du lin. « De la production à la première, deuxième et troisième transformation du lin, explique la coordonatrice Annick Marquis. On veut utiliser la plante dans son entièreté. Au niveau textile, on parle maintenant de vêtements, de literie, de textile industriel ou du design. »

L’usine pourrait ainsi alimenter des entreprises qui souhaitent faire des tissus en lin, mais toutes les autres parties de la plante seraient mises à contribution.

Les conditions de culture sont d’ailleurs idéales dans la Mitis pour la culture du lin. « Historiquement, le Bas-Saint-Laurent était un producteur de lin, ajoute Annick Marquis. Dans les années 50, il y avait beaucoup de culture de lin qui se faisait ici. On l’utilisait pour le tissage de vêtements domestiques. On avait des filatures un peu partout au Québec, dont le Bas-Saint-Laurent était un gros approvisionneur. »

Rentable ou pas ?

D’autres usines du genre dans l’Ouest Canadien et en France ont déjà fait leurs preuves. Le projet du Bas-Saint-Laurent est d’abord pensé pour diversifier l’activité économique de la région, mais selon la chargée de projet au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’Industrie textile du Québec, Danielle Jutras, il y a un marché pour cette cutlure.

« L’exploration de fibres de lin, tout comme le chanvre, sont des moyens de se diversifier, autant pour le secteur textile que pour le secteur de l’agriculture, dit-elle. Il s’agit d’offrir des fibres spécialisées pour lesquels il y a un marché, donc une demande. »

Ces nouvelles fibres, comme les textiles techniques, permettent au Québec de se diversifier. C’est là que se trouverait la solution pour préserver l’industrie textile au Québec.

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