La dentelle belge

15 Jan

Lors de son séjour en Belgique, notre chroniqueuse Virginie Landry a visité le musée du costume et de la dentelle de Bruxelles. Elle retrace l’origine de ce textile encore très populaire.

L’histoire de la dentelle

Le musée expose plusieurs pièces de dentelle dans le but d’expliquer les origines floues de la dentelle. Puisque les racines italiennes et belges de la dentelle remontent à longtemps, il est difficile d’être précis. On sait qu’au 16ième siècle, les Italiens dessinaient beaucoup de modèles de travaux à l’aiguille, du même genre que la dentelle, et que les femmes belges étaient très habiles à les exécuter. La Flandre est réputée pour sa dentelle à fuseau, et l’Italie pour sa dentelle à aiguille.

À Bruxelles, ce sont les religieuses qui pratiquent l’art de la dentelle à l’aiguille. Les jeunes enfants, surtout les orphelins, sont vite initiés au travail de la dentelle, auprès de dentellières expérimentées. Une école de dentelle est fondée à Bruxelles, grâce à la charité, et les jeunes filles apprennent l’art de la dentelle.

Le commerce de la dentelle

À cette époque, la popularité de la dentelle est croissante, mais chancelante. Lors d’événements heureux, comme les baptêmes ou les mariages, les marchands de Bruxelles faisaient des affaires en or. Les grands bals étaient aussi des occasions de se procurer de la dentelle. Les périodes de deuil étaient cependant très peu lucratives.

La demande pour la dentelle croissait sans cesse et les marchands et ouvriers de ce secteur ont voulu se séparer de la vente des autres tissus. La ville de Bruxelles passa donc une loi en 1661 qui déclarait que le commerce de la dentelle serait maintenant bourgeois et indépendant. La fraude a cependant ravagé ce commerce, alors que des patrons étaient envoyés illégalement à l’étranger, que des imitations étaient vendues et que des ouvrières se soient exilées en France, avec de fausses promesses de meilleures conditions.

Le savoir-faire bruxellois

La dentelle de Bruxelles, souvent une dentelle à pièces rapportées, est reconnue pour plusieurs raisons. Le fond, qu’on appelle le drochel, est un réseau de fils à mailles tordues extrêmement fin. Il servait d’abord de reliure entre les motifs, puis il a été utilisé comme fond pour la dentelle d’application. Lorsque le tulle mécanique fait son entrée sur le marché, le drochel devient un art peu pratiqué et réservé à la monarchie. L’application sur tulle mécanique a cependant permis de créer de plus grandes pièces de dentelle, ce qui fit la renommée de la Belgique dans les expositions universelles, à la fin du XIXe siècle. L’utilisation de plusieurs types de dentelles fines et complexes dans de grandes réalisations ont solidifié la réputation de la Belgique.

L’évolution des styles

Les tendances se sont succédé et les styles de dentelle ont évolué avec le temps. C’est souvent avec les différents monarques que les modes ont changé. Le style de Louis XV, proche du style rococo, se caractérise par une dentelle aux motifs asymétriques, vivants et ondulants. Les motifs sont des fleurs, des animaux ou des insectes. Ensuite, le style Louis XVI sera plus aéré. Les dentelles sont plus transparentes et discrètes. Les motifs sont tellement petits que les techniques devront s’adapter, puisqu’il est maintenant impossible d’accrocher le fond aux petits motifs.

Les différents types de dentelle

Il existe plusieurs types de dentelle. On a entendu parler de la dentelle chantilly le printemps passé, qui était appliquée sur la robe de mariée de Kate Middleton. La dentelle chantilly est une dentelle en soie avec des motifs transparents. Il y a aussi la dentelle Duchesse, nommé en l’honneur de Marie-Henriette, duchesse de Brabant, qui est devenue la deuxième reine des Belges en 1865. La dentelle duchesse de Bruxelles comporte des médaillons en point de gaze et des nervures en relief, ce qui fait d’elle une dentelle mélangée. Les motifs floraux mélangent fleurs et feuilles. Le point d’Angleterre, qui est un dérivé de dentelle de Bruxelles, est une composition de deux techniques de dentelle, alliant des motifs végétaux sur un fond à l’aiguille pour créer beaucoup de relief.

Nouveaux défis pour l’industrie

Mais la dentelle de Bruxelles n’est plus aussi populaire qu’avant. L’art méticuleux de la dentelle s’est perdu avec la mécanisation, comme pour plusieurs autres textiles. Les changements sociaux causés par les deux guerres mondiales ont contribué à la dégradation du métier de dentellier, ainsi que la production à faible coût et de piètre qualité venant de l’Extrême-Orient. La dentelle a cependant connu un regain de popularité ces dernières années, ce qui pourrait contribuer à changer la donne.

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