Portrait : Formation textile au Québec

22 Jan

L’industrie textile est peut-être en déclin au Québec, mais ça n’empêche pas une vingtaine d’étudiants de graduer des différentes écoles en formation textile de la province, chaque année.

Centre des textiles contemporains de Montréal

Reportage: Daniel Blanchette Pelletier

Cliquez ici pour accéder à la version audio de la chronique (à partir de 17 minutes)

Cliquez ici pour consulter notre dossier sur le déclin de l’industrie textile au Québec

La plupart des étudiants qui s’intéressent à la formation textile poursuivent leurs études à la Maison des métiers d’arts de Québec ou au Centre des textiles contemporains de Montréal.

Les deux écoles offrent une formation collégiale, l’une en partenariat avec le Cégep de Limoilou (Maison des métiers d’arts de Québec) et l’autre avec le Cégep du Vieux Montréal (Centre des textiles contemporains de Montréal).

Souvent, les étudiants qui suivent ces programmes d’études sont des artisans ou encore des gens qui ont déjà une formation en design de mode et qui cherchent à bonifier leur parcours académique (pour créer leur propre tissus, parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils recherchent sur le marché.)

La création textile

Centre des textiles contemporains de Montréal

Un tissu est une étoffe composée de fils de trame et de fils de chaîne, qui ont été superposés perpendiculairement (c’est grossièrement la définition d’un tissage). Le tissage est une sorte de textile, mais il en existe beaucoup d’autres, comme il y a également plusieurs façons de les fabriquer.

Cependant, la création textile est bien plus qu’une superposition simple de fils. « Pour arriver à former un tissu, on commence par penser à la couleur et à son expression, décrit l’enseignante en construction textile à la Maison des métiers d’arts de Québec, Sabine Voisard. Ensuite, on s’intéresse aux fibres et à l’architecture de notre tissu. Est-ce que notre idée va être mieux en laine ou en coton, en tricot ou en tissage ? Tout ça, dans le but d’obtenir l’étoffe qui va mieux servir le produit fini. »

Cliquez ici pour écouter Sabine Voisard donner plus de détails sur la création d’un tissu

La Maison des métiers d’arts de Québec accueille chaque année douze étudiants, bien qu’ils soient un peu moins à obtenir leur diplôme à la fin du programme. Ils apprennent évidemment à construire des textiles, mais leur formation va bien plus loin encore. « Les étudiants qui sont inscrits en construction textile reçoivent une formation qui est très complète », ajoute Sabien Voisard.

Cliquez ici pour entendre Sabine Voisard décrire la formation offerte à la Maison des métiers d’arts de Québec

L’introduction des nouvelles technologies

Centre des textiles contemporains de Montréal

De nos jours, les tricots sont rarement faits à la main, tout comme les tissages au simple métier à tisser. Ceux qui créent les tissus sont aussi des designers. Ils imaginent ce qu’ils veulent créer et sont assistés par ordinateur. « Dans nos cours, on ne tricote plus à l’aiguille, confirme Sabine Voisard. L’étudiant programme son patron à l’ordinateur pour le transférer dans la machine à tricoter. C’est le même principe pour le tissage. Tout est très moderne. »

Cliquez ici pour entendre Sabine Voisard au sujet de la révolution des technologies dans le domaine textile

Cette modernité se retrouve aussi au Centre des textiles contemporains de Montréal. « Dans un ordinateur muni d’un logiciel spécialisé, les étudiants préparent un fichier qui est apporté sur le métier à tisser, qui lui est branché à l’ordinateur, explique Louise Lemieux-Bérubé, la directrice générale et la fondatrice du Centre des textiles contemporains de Montréal. Lorsque le tisserand appui sur la pédale, les fils qui doivent être levés pour faire le motif sont levés de façon automatique. »

Cette révolution des technologies favorise évidemment la production de textile à grande échelle, mais d’après Louise Lemieux-Bérubé, ce secteur de l’industrie n’intéresse généralement que 10% des étudiants du centre. La plupart d’entre eux veulent plutôt créer leur propre studio de textile, en métiers d’arts, pour de la production à petite échelle. Plusieurs s’intéressent également à l’art textile.

Louise Lemieux-Bérubé est aussi une artiste textile. Cliquez ici pour l’entendre parler de sa production

L’art textile

Centre des textiles contemporains de Montréal

Le Centre des textiles contemporains de Montréal mise sur l’art textile pour sa formation. « C’est un programme qui est plutôt axé sur le design et l’art textile, confirme Louise Lemieux-Bérubé. Il a des formations avancées dans trois types de fabrication de textiles que sont le tissage, la broderie et la maille. Ces formations peuvent donc mener nos étudiants à postuler également sur un poste dans un studio de création textile, destiné à de la production à l’étranger. »

Cliquez ici pour entendre Louise Lemieux-Bérubé en dévoiler davantage sur la formation au Centre des textiles contemporains de Montréal

La relève

Dans la dernière décennie, la production textile à grand volume s’est déplacée vers l’étranger, mais les écoles n’ont pas été pénalisées par ce déclin de l’industrie au Québec.

Centre des textiles contemporains de Montréal

Les deux écoles n’offrent que douze places, parce qu’elles insistent pour donner la formation la plus personnalisée possible. Elles n’ont donc pas remarqué de baisse dans les inscriptions.

Au contraire, elles ont même observée un engouement pour l’art textile, sur quoi le déclin de l’industrie n’a pas eu d’impact. « Les textiles au niveau art et design prennent beaucoup d’ampleur, dit Louise Lemieux-Bérubé. Avec le smart textile, beaucoup des pièces électroniques sont également insérées, plus orientées vers la mode, c’est à dire des pièces uniques, comme des robes qui bougent ou qui s’allument. C’est très intéressant ce qui se passe maintenant en création textile. »

L’avenir de la formation

Pourtant, il y a un manque de relève dans l’industrie textile au Québec. Les employés sont vieillissants et il est difficile de recruter de la jeune main d’œuvre qualifiée, en raison de la déprime du secteur.

Quoiqu’il en soit, au Centre des textiles contemporains de Montréal, c’est plus ou moins cette clientèle qui est formée. Du côté de la Maison des métiers d’arts de Québec, Sabine Voisard confirme elle aussi que la formation textile s’est transformée, au même moment que l’industrie.

Centre des textiles contemporains de Montréal

Aujourd’hui, le Québec mise sur ses forces et sur ce qu’il connaît pour créer et innover. « C’est notre force, confirme Sabine Voisard. Avec les froids qu’on a, on est obligé d’être créatif avec le tissu pour l’utiliser de façon intelligente. C’est probablement ce qui nous démarque : l’utilisation qu’on va faire de nos tissu. »

« La construction textile, c’est ça, ajoute-t-elle. C’est toujours d’en faire une utilisation qui soit intelligente et je pense que c’est où se situe le Québec aujourd’hui. » Comme pour l’industrie, la formation textile s’en sort en misant sur les textiles intelligents et sur l’art pour assurer la relève.

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