La mode… en mode coopération !

3 Fév

L’organisation des Nations Unies a fait de 2012 l’Année internationale des coopératives. Il y a plus de 9 000 coopératives au Canada, mais ce modèle d’entreprise reste tout de même encore très peu répandu dans l’industrie de la mode.


Reportage : Daniel Blanchette Pelletier

Il y a des coopératives financières, des coopératives agricoles ou encore des coopératives funéraires, mais dans l’industrie de la mode, même lorsqu’on y réfléchie bien, les coopératives nous viennent plus rarement en tête.

À l’automne, nous vous avions présenté la Co.Mode Verte, une coopérative de solidarité de Matane, qui se spécialise notamment dans la récupération de vêtements et la vente de produits écolos.

Cliquez ici pour consulter notre portrait de la Co.Mode Verte de Matane

Il s’agit là d’un modèle de coopératives. Il y a en à d’autres également, mais pour l’agent de développement au Conseil de coopération de l’Ontario, Julien Gérémie, le modèle coopératif est encore très peu répandu. C’est pour cette raison que son organisme se réjouit que l’ONU proclame 2012 comme l’Année internationale des coopératives. « Ça veut dire qu’on va pouvoir mettre de l’accent sur l’éducation à la formule coopérative, dit-il. C’est vraiment un gros défi. Pour nous, la coopération est l’un des secrets les mieux gardés au monde. C’est pour cette raison qu’on veut essayer de le partager cette année. »

lafabriquehexagonale.com

Qu’est-ce qu’une coopérative ?

Démystifier la coopérative est d’ailleurs la mission du Conseil de coopération de l’Ontario. L’organisme appuie le développement coopératif, rencontre des groupes, les forme et leur explique quels sont les avantages de ce modèle.

La plupart d’entre-nous connaissons le modèle coopératif, du moins vaguement. Pourtant, les gens qui se lancent en affaires choisissent moins souvent ce modèle. « C’est un modèle qui prend du temps à se faire reconnaître », confirme Julien Gérémie. Pour lui, l’explication vient du fait que les écoles n’insistent pas suffisamment sur le modèle.

« Dans les cursus scolaire, il n’y a pas vraiment d’éveil à la culture coopérative, poursuit-il. Quand on va à l’école, on apprend comment fonctionne une entreprise de manière traditionnelle, c’est-à-dire basée sur un modèle de capital, où on acquiert son poids en achetant des valeurs. »

La coopérative veille plutôt aux intérêts de ses membres, qui sont tous égaux puisque qu’un membre égale une voie. « Chaque personne est propriétaire de la coopérative, au même titre qu’une autre personne et au même poids », ajoute Julien Gérémie.

Selon lui, il s’agit d’un modèle qui répond à beaucoup de besoins et qui serait donc applicable dans l’industrie du vêtement.

4.bp.blogspot.com

Et la mode ?

Le modèle coopératif est fondé sur des valeurs qui se rapprochent davantage de l’artisanat, du mouvement écolo ou de la consommation responsable. C’est donc dans le recyclé, le bio ou encore la fabrication à la main qu’on retrouve davantage de coopératives.

La France est l’un des pays les plus tourné vers ce modèle d’entreprise, avec plus de 20 000 coopératives. RE-act est l’une d’entre elle.

Il s’agit d’un projet de trois collaborateurs, lancé en 2010. Ils offrent à leurs clients de nouveaux vêtements, sur mesure, fabriqués à partir des vieux vêtements de leurs choix. L’entreprise est donc spécialisée dans le recyclage et la consommation responsable.

« J’ai d’abord recherché ce qui se faisait en mode éthique et en mode durable, explique la chargée de développement de RE-act, Magalie Pedrono. J’ai observé que beaucoup de choses se faisaient au niveau des matières, mais pas forcement sur la façon de consommer. »

L’un des problèmes que Magalie Pedrono reproche à l’industrie de la mode est le cycle continu de la nouveauté. « Les gens se lassent des vêtements qui sont encore en bon état, parce que le motif n’est plus à la mode, donne-t-elle pour exemple. Je me suis dit que les gens étaient peut-être à la recherche de quelque chose de durable, sur mesure et personnalisé. »

RE-act

RE-act, ce n’est pas du patchwork, comme le croit à tort les détracteurs de la mode écolo. « On propose aux gens de s’inspirer des modèles qui sont préconçus dans nos collection, débute Magalie Pedrono. Ils peuvent nous commander une robe qui sera faite à partir d’un de leurs pantalons ou de trois t-shirts. Ils passent commande et on réalise l’article. Après, ils l’essaient et on voit s’il y a des ajustements à faire. »

RE-act veut travailler avec les vêtements que les gens possèdent, auxquels ils sont attachés, par exemple, plutôt que de récupérer n’importe quel textile. « C’est l’approche de travailler en tant que service pour les gens, donc de travailler à partir de leurs vêtements, poursuit Magalie Pedrono. Notre but premier est de travailler avec eux et de les inciter à nous apporter leurs propres vêtements. »

Pour promouvoir la consommation responsable, RE-act évite donc de faire des collections, comme Printemps-Été 2012. Leur désir est plutôt de créer des pièces intemporelles. « On ne veut pas mettre une temporalité sur nos collections, dit-elle. On souhaite proposer une mode qui soit durable. »

RE-act; une SCOP

Les valeurs associées au modèle coopératif sont justement celles que veut promouvoir RE-act à travers ses activités. « Ça correspond à nos valeurs, confirme Magalie Pedrono. On est dans une économie de personnes, plutôt que dans une économie de capitaux. Le modèle coopératif permet à ce que chacun s’exprime et que la voix de chacun des travailleurs ait autant de poids. »

RE-act n’est pas encore officiellement une coopérative, mais c’est vers ce modèle que l’entreprise se dirige. RE-act sera une SCOP, c’est-à-dire une société coopérative et participative (le modèle coopératif le plus répandu en France).

RE-act

En France, quelques autres entreprises fonctionnent sous forme de coopératives depuis une trentaine d’années, ce qui laisse croire à Magalie Pedrono que c’est possible pour une entreprise qui œuvre dans le domaine de la mode d’opter pour le modèle coopératif.

« Toute entreprise basée sur ces valeurs de coopération et de participation des employés peut fonctionner sous forme de coopérative, même s’il s’agit de la mode et d’un univers qu’on imagine plutôt superficiel, croit-elle. Aujourd’hui, les gens souhaite consommer responsable, même en mode. C’est quelque chose qui peut avoir de l’avenir. »

Le site Internet de RE-act
RE-act sur Facebook

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